Les “usines à contenus”, menace pour Google
Ces derniers temps, on a assisté à une véritable explosion de ce qu’il convient d’appeler des ‘usines à contenu’ telles que Demand Media ou Answers.com. Ces sociétés créent des milliers d’articles par jour et ont un impact considérable sur le web anglosaxon. Les grands groupes média, les blogs et Google sont désormais assez préoccupés par ces nouveaux entrants qui, même s’il ne sont pas encore arrivés en France, ne sauraient tarder.
Richard MacMannus (fondateur de ReadWriteWeb) avait lui commencé son analyse du phénomène Demand Media en août en montrant comment la société opérait sur une recette du succès simplissime : créer des tonnes de sites de contenus de niche, la plupart du temps sans intérêt, destinés essentiellement aux moteurs de recherche, puis utiliser les bonnes vieilles recettes du marketing viral à travers les réseaux sociaux et les monétiser avec de la publicité. Demand Media a levé des fonds afin de mener à bien cette mission : 355 millions de dollars. C’est énorme. C’est une véritable machine de guerre, bien huilée et parfaitement opérationnelle, la plus efficace génératrice de pages vues qui soit, et elle s’abat sur un univers particulièrement fragile ces temps ci : les contenus.
Source - Animé par Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb France, blog dédié à l’actualité des technologies web, a été élu en juin dernier, meilleur blog high-tech dans le magazine Challenges. Comme son grand frère ReadWriteWeb.com (né en Nouvelle Zélande, fondé par Richard MacManus), ReadWriteWeb France, créé en octbre 2008, se distingue par ses notes d’analyse et de prospective.
Le futur du business musical par David Byrne
Publié en 2007 chez Wired, sous le titre “Survival Strategies for Emerging Artists — and Megastars”, l’article de David Byrne reste -deux ans plus tard- d’une lucidité proche de la prophétie. Il est republié en Français sur le site Gonzai, où sévit notamment le brillant abstrait-concret.
J’ai eu mon propre label. Ce label, Luaka Bop, existe toujours, bien que je ne sois plus impliqué dans sa gestion. Mon dernier album est sorti chez Nonesuch, une filiale de l’empire Warner Music Group. J’ai également sorti de la musique sur des labels indés comme Thrill Jockey, et j’ai fait presser des CD que je vendais pendant les tournées. Je pars en tournée tous les deux trois ans, et je ne considère pas ça comme une simple vente à perte pour vendre des CD. Donc, je connais les deux côtés de ce secteur. J’ai fait de l’argent, et je me suis fait dépouiller. J’ai connu la liberté artistique, et la pression de devoir faire des hits. J’ai eu affaire à des musiciens tarés qui se comportaient comme des divas, et j’ai vu des albums de génie fait par des artistes fabuleux être parfaitement ignorés. J’aime la musique. Je l’aimerais toujours. Cela m’a sauvé la vie, et je parie que je ne suis pas le seul à pouvoir dire ça.
Source - Gonzai. Selon les éditeurs du site : “Gonzaï est un magazine imprimé sur du papier virtuel (comprendre: sur Internet) tourné vers les cultures de demain et celle « culte » devenue intemporelle. Brandissant le parti pris comme un dogme rédactionnel, Gonzaï s’inspire du gonzo journalism (H. S. Thompson, Lester Bangs) et s’affirme comme un prescripteur en matière de rock, pop, littérature, art et ses différent mouvements. Crée en mars 2007, la rédaction Gonzaï, est devenu, au fil du temps, une grande famille. Les égos surdimensionnés côtoient les écrivains brillants, les critiques ratés surnagent dans la même vase que les journalistes au flair incroyable, parfois le trait de génie surfe sur le coup de torchon. Plus loin, quelques interviews cultes se réalisent, entre deux papiers approximatifs, sur un coin de table. Nous ne gagnons pas d’argent, du moins pas salement”.
La radio de papa, c’est fini !
Elle pensait avoir échappé à la dernière vague de la révolution internet. Et bien non, la radio va bouger et pas où on l’attendait. Faute de consensus, la radio numérique marque le pas en France. Le changement vient de la toile où les initiatives se multiplient.
Goom (un nom inspiré de celui de son concurrent Groom lancé par Rentabiliweb) le bouquet de radio lancé sur le net par des anciens de NRJ est sans doute la plus connue. Sa chaîne d’information est construite sur la base de la bande-son de la télévision d’information i Télé, agrémentée de quelques programmes spécifiques. Il y a déjà quelques mois, TF1 avait lancé sa web radio, LCI radio, et RTL et l’Equipe un canal d’informations sportives. Ces quelques exemples montrent que les frontières se brouillent entre les médias radio, télé et presse dans le secteur des news.
Source : Hémisphérique est le blog à 4 mains (et deux langues) de Marc Fernandez, qui collabore à Ulysse et Slate.fr, au sein desquels il suit l’actualité espagnole et latinoaméricaine, et Jean-Christophe Rampal, rédacteur en chef du magazine Ulysse, filiale de Courrier International, qui a fondé, dans les années 90, la newsletter Amérique latine info et participé aux premières années de Courrier International.
Du logiciel libre à l’intelligence collective
La devise du site Framablog, spécialisé dans le logiciel libre, est « Ce serait l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d’autre que du code ». Le papier très complet de l’universitaire Sebastien Broca est dans cette logique. Il s’interroge sur la manière dont le mouvement du logiciel libre se trouve considéré comme un modèle d‘avant-garde de transformations sociales globales. Il montre ainsi comment l’on passe d’une pratique singulière, mise en œuvre par les communautés du logiciel libre, à des théories sociologiques, économiques ou philosophiques, qui s’en inspirent largement. L’idée d’étendre les idées du logiciel libre au delà des frontières de la technologie est passionnante. Encore faut-il être capable de l’affiner régulièrement avec lucidité et ne pas emprunter certaines postures, parfois trop simplistes.
Depuis une quinzaine d’années, le mouvement du logiciel libre a connu un développement fulgurant, mettant fortement en question la prééminence des logiciels propriétaires développés par les grandes entreprises du secteur informatique. Dans le même temps, certains intellectuels ont érigé ces bouleversements en symboles de transformations sociales plus générales, attendues ou espérées. En témoignent les occurrences nombreuses des références à la « démocratie open source », à « l’économie open source », voire à la « société open source ». Cette tendance à faire du mouvement du logiciel libre un des laboratoires où se préparerait la société du futur semble devoir nous interpeller à plus d’un titre. Elle incite d’une part à s’interroger sur le bien-fondé d’une démarche intellectuelle prenant appui sur une pratique spécifique, pour fonder un discours théorique à valeur générale et/ou prospective. Elle invite d’autre part à mener une réflexion critique sur les nouvelles grilles d’analyse, censées rendre compte des spécificités de notre époque.
Source : Site de réflexion et d’information sur le logiciel libre. Une référence dans le domaine.
Petit Twitter, Gros Brother
N’attendez plus que le gouvernement épie vos moindres gestes. Le secteur privé le fait déjà avec facilité. Pourquoi, on devrait investir des dizaines de milliers de dollars en détective, caméra et écoute électronique… quand les gens dévoilent eux-mêmes toutes l’information pertinente… qui servira à les coincer ! Le blogueur canadien Fabien Major reprend cette thèse connue de l’auto-surveillance, mais cette fois en s’appuyant sur le cas réel de Nathalie Blanchard de Bromont, qui a perdu ses prestations de congé de maladie après que les enquêteurs se soient basés sur ses photos Facebook pour conclure qu’elle n’était plus en dépression.
Ses photos sur Facebook étaient peut-être trop révélatrices… et disponibles ! Son employeur, la société Manuvie a confirmé qu’elle utilise en partie les informations qu’elle trouve sur Facebook, pour enquêter sur les prestataires qu’elle soupçonne d’abus. Ce ne sont pas seulement des photos de vacances ou de fêtes bien arrosées en compagnie de gogo-boys qui peuvent engendrées une telle décision, mais bien, un somme de comportements ou d’éléments suspects.
Source : Fabien Major blogue sur le site techno canadien “Branchez-Vous.com”. Il est conseiller financier indépendant à Montréal. Avant de bifurquer vers la finance et la gestion privée de portefeuilles en 1997, il a été animateur de radio et chroniqueur télé pour des dizaines de médias électroniques québécois.
Le buzz anti-Sarko sur la chute du Mur de Berlin ? C’est la faute aux jeunes…
Fabrice Epelboin, qui édite la version française du site hi-tech “readwriteweb”, a consulté les dernières courbes de la société d’études Forrester. Elles confirment qu’aujourd’hui, se sont essentiellement les potaches qui font la pluie et le beau temps sur le Net.
Dès qu’il s’agit de mesurer les comportements actifs (oserais-je dire interactifs), la sénilité semble arriver de plus en plus tôt. Dès 25 ans, la capacité à créer ou à réagir à du contenu en ligne chute pour atteindre un niveau très faible dans la génération 68. La génération X s’en sort mal, elle aussi, si on admet qu’elle a 35 ans et plus (je sais c’est arbitraire) on pourrait même dire qu’elle est divisée en deux groupes, ceux qui s’y sont mis et les autres (la segmentation d’âge choisie par Forrester peut toutefois induire en erreur), mais force est de reconnaitre que la création de contenus et la réaction à ceux-ci n’est un comportement de masse qu’au sein de la génération Y.
Source - Animé par Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb France, blog dédié à l’actualité des technologies web, a été élu en juin dernier, meilleur blog high-tech dans le magazine Challenges par un jury présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique. Comme son grand frère ReadWriteWeb.com (né en Nouvelle Zélande, fondé par Richard MacManus), ReadWriteWeb France, créé en octbre 2008, se distingue par ses notes d’analyse et de prospective.
Vertus démocratiques de l’Internet
Comment caractériser les formes politiques de la révolution Internet ? Dans cet essai, Dominique Cardon met en évidence les tensions qui traversent le réseau des réseaux, notamment l’égalité radicale des internautes, la visibilité extrême des subjectivités, la production de solidarités nouvelles, la construction de la légitimité. Plongée dans la « démocratie Internet ».
À la question de la place d’Internet dans le renouvellement des figures de la démocratie, beaucoup de réponses très diverses et contradictoires peuvent être apportées. Car, à considérer Internet comme un tout, à la fois objet technique, média, espace public, support ou instrument politique, on prend le risque de fondre ensemble des choses si différentes que toute généralisation glisse sur cet improbable objet, sans parvenir à le spécifier. Je voudrais cependant prendre ce risque en avançant, sans beaucoup de précautions, six propositions relatives à l’expérience de la démocratie sur Internet.
Source : “La vie des idées” est un site d’analyse et d’information sur le débat d’idées. Créée à l’initiative d’un groupe d’intellectuels à dominante social-démocrate (bien qu’Emmanuel Todd en fasse partie) sous la houlette de Pierre Rosanvallon, fondateur de la République des idées.
Dictature 2.0 : think global, act local
Selon un projet de traité commercial international jusqu’ici secret, un accord multilatéral de lutte contre la contrefaçon annoncerait l’arrivée de temps sombres pour les fournisseurs d’accès internet et les internautes dans un futur proche. Un chapitre, rédigé par les américains, imposerait aux fournisseurs d’accès internet de faire la police des contenus utilisateurs, de couper l’accès internet de ceux qui porterait atteinte aux copyrights, et de censurer les contenus accusés de les violer, et ce sans la moindre preuve apportée pour soutenir l’accusation. Fabrice Epelboin tire la sonnette d’alarme.
Plus que jamais, après la trahison de Catherine Trautmann (député PS Européenne) lors des dernières négociations du paquet Télécom à Bruxelles, l’enjeu des prochaines élections est critique, c’est la dernière occasion pour faire en sorte que les dirigeants politique entendent l’opinion de la population et cessent de n’écouter que la voix des lobbys. L’enjeux est désormais clair, il ne s’agit plus du tout de défendre un quelconque piratage, mais de ne pas prendre la voie d’une société réprésive basée sur la surveillance généralisé, des enjeux parfaitement décris par Orwell dans 1984. Le monde d’Orwell est bel est bien celui décrit par ce traité, la seule chose qu’Orwell n’vaiat pas prévu, c’est que cela aurait lieu sur internet et non dans la vie réelle.
Source - Animé par Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb France, blog dédié à l’actualité des technologies web, a été élu en juin dernier, meilleur blog high-tech dans le magazine Challenges par un jury présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique. Comme son grand frère ReadWriteWeb.com (né en Nouvelle Zélande, fondé par Richard MacManus), ReadWriteWeb France, créé en octbre 2008, se distingue par ses notes d’analyse et de prospective.
Faut-il twitter en classe ?
Faut-il autoriser les réseaux sociaux dans les classes ou au contraire les interdire ? Le blog Génération Y nous propose plusieurs liens dont celui de Fabrice Epelboin sur “Twitter dans les amphis” et un article intéressant de Mashable qui relate l’expérience menée actuellement par l’Université de Purdue. Cette dernière expérimente une application intégrant Facebook, Twitter et les messages textes et qui permet aux étudiants de poser des questions et d’échanger en temps réel pendant les cours.
Source : Génération Y. Ce blog s’intéresse aux rapports générationnels, avec un focus particulier sur la génération Y, son impact sur les technologies, sa place dans le monde du travail et dans la société. Son éditeur, Julien Pouget est consultant. Il travaille pour des groupes comme Essilor International, Eiffage, Safran, BNP-Paribas ou l’Agence Française de développement.
Ils résistent à la fluidification du livre…
Le blogueur, écrivain et journaliste Thierry Crouzet, spécialiste du numérique et du livre, publie un billet sévère sur l’initiative de FYI en matière d’édition électronique. L’idée de pouvoir commenter en ligne un livre qui n’est pas diffusé en ligne met, selon lui, à côté de la plaque.
Après l’hyperlivre de Jacques Atali et ses codes barres pour obtenir des contenus complémentaires, c’est autour du nouveau livre de Frédéric Kaplan (La métamorphose des objets) que FYI éditions greffe la technologie “Bookstrapping”, lancée aussi par Frédéric Kaplan. Idée pouvoir commenter en ligne toutes les pages du livre sans que le livre lui-même ne soit en ligne (explications détaillées sur La Feuille). Ces efforts, louables mais à mon sens désespérés, me font penser aux premiers imprimeurs qui faisaient encore dessiner les lettrines à la main pour donner un côté manuscrit à leurs ouvrages. Le contraire se produit aujourd’hui. On tente par tous les moyens de donner un côté électronique au livre, parce qu’on sent bien que c’est vers l’électronique que s’effectue la dérive. Ridicule.
Source : Le peuple des connecteurs, par Thierry Crouzet, journaliste, essayiste, romancier (il travaille actuellement sur un “twiller”, thriller sur twitter). “Cinquième pouvoir, politique, technologie… par Thierry Crouzet, expert de rien…”.









