Electricité : le spectre de la grosse panne
Le mythe de l’indépendance énergétique de la France a décidément du plomb dans l’aile.
Après avoir dû importer massivement de l’électricité en octobre dernier pour la première fois depuis vingt-sept ans, la France devrait à nouveau franchir un record en décembre. L’Hexagone semble même se diriger tout droit vers une gigantesque panne, en particulier en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en raison de la très faible autosuffisance de ces régions.
Source : alternatives-economiques.fr, le site de l’excellent magazine économique éponyme. Le seul à ne pas diffuser du prêt à penser.
Béatitude écologique en milieu tempéré
Un unanimisme béat frappe la planète. La production du consensus mou tourne à plein régime. Il n’est pas un parti, une organisation, une personnalité en vue qui ne pratique pas le “greenwashing”. Ce spectaculaire exercice de funambulisme consistant en dépit du bon sens, des réalités et surtout de ses propres pratiques à arborer une posture écologique. Les intérêts économiques ont colonisé l’espace environnemental pour en faire une machine émotionnelle. Le summum du “politicaly okay”.
N. Chomsky le fait justement remarquer dans “comprendre le pouvoir”* en prenant l’exemple de l’apartheid en Afrique du Sud, de la guerre du Viet Nam ou des mouvements civiques aux USA. Le capital sait se retourner pour prendre le vent. Tant que cela sert le business. Et dans chacun de ces cas les bonnes causes suivent les dividendes et les projets industriels. Toutes les sociétés participent au greenwashing en investissant sur l’image de la marque. Total, par exemple fait la promotion de l’écologie et de comportements sociétalement et environnementalement responsables, s’inscrivant dans un pacte mondial (voir site). Un mélange d’écologisme et de “droits de l’hommisme” à la guimauve que personne de sérieux ne peut croire. Car le nerf de la guerre, la focalisation de toutes les énergies, c’est le cash et le cours de bourse. Le reste, pour la galerie. Ornée de vert.
Source : Piratages, animé par Vogelsong, se dit «collectif sans ambition politique », ou presque. En fait, c’est l’une des plus brillantes pépites de la blogosphère anti-sarkozyste.
Climat / pays pauvres : double jeu de la France ?
A Copenhague, la France se présente comme un élève modèle souhaitant imposer des objectifs ambitieux. Pourtant, dans les négociations financières entre pays du Nord et pays du Sud, il semblerait que la France joue un double jeu.
Nicolas Sarkozy voit en Copenhague une nouvelle occasion de mettre en avant sa politique. Pour réussir ce coup diplomatique et médiatique, le chef de l’Etat s’est notamment rendu au Brésil fin novembre et a participé au sommet du Commonwealth à Trinidad-et-Tobago. A cette occasion, il a demandé aux pays du Nord de faire des efforts : “L’accord de Copenhague doit être juste. Il doit prévoir des actions concrètes pour aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables (…) Pour cela, nous devons adopter à Copenhague un premier engagement financier sur 2010, 2011 et 2012 de 10 milliards de dollars par an”.
Source : Arrêt sur Images, le site info de la (feue) célèbre TV émission du journaliste Daniel Schneidermann, dédiée comme avant au décryptage des médias.
L’arnaque du sommet de Copenhague
Aperçu des méthodes avec lesquels les pays riches coulent les négociations plus rapidement que ne fondent les glaces de l’Himalaya.
Il est essentiel de comprendre les manigances de cette semaine afin de bien saisir la réalité de l’accord qui sera annoncé à grand tralala la semaine prochaine. L’astuce repose principalement sur une bizarrerie du système : un pays riche peut réduire ses émissions sans effectivement émettre moins de gaz à effet de serre. Comment est-ce possible ? Il peut tout simplement payer un pays pauvre pour émettre moins qu’il ne l’aurait fait autrement. En théorie, cela semble correct : nous avons tous la même atmosphère, donc pourquoi se soucier de savoir d’où viennent les réductions ? Toutefois, le fait que les réductions d’émissions puissent être vendues entre pays introduit une extrême complexité dans le système. Tout devient rapidement (et volontairement) tellement technique que personne ne peut plus suivre les négociations en cours- aucun citoyen concerné, aucun journaliste, et même les groupes environnementaux qui bûchent à temps plein sur le sujet ont du mal.
Source : mouvements.info. Ni journal en ligne, ni liste de diffusion partisane, ni blog collectif, mouvements.info est un espace réactif de réflexion politique et théorique. Dans le contexte d’une crise sans précédent de la presse généraliste et des revues de sciences humaines, Mouvements entend conjuguer le sérieux et la rigueur à un souci de réactivité aux grands débats et faits du moment, et montrer que les sciences sociales peuvent contester ou utilement éclairer les prises de position politique. Son comité de rédaction est composé de chercheurs aux spécialisations diverses, de journalistes par ailleurs rattachés à des rédactions spécifiques ou travaillant de manière indépendante, d’enseignants, de permanents associatifs et de travailleurs sociaux .
Le krach de Dubaï et les géants français de l’eau
La faillite brutale de Dubaï siffle la fin de la récréation pour les technologies hydrauliques de pointe, « Re-use et desalination » qui faisaient figure depuis quelques années de « Nouvelle Frontière » pour les géants français de l’eau.
Illustrant la « nouvelle frontière » de la gestion de l’eau dans le monde sur laquelle les principaux groupes industriels et de services s’étaient jetés pour conquérir des marchés de délégation de service public en eau potable et assainissement, le dessalement de l’eau de mer par membranes à osmose inverse (desalination) et la réutilisation des eaux usées (Reuse) pour les espaces verts ou le recyclage en eau brute multi-usages marquent les tendances technologiques dominantes en hydraulique urbaine ou récréative (tourisme, hôtellerie, golfs). Nombre de revues professionnelles (Hydroplus, Water & Wastewater International…), n’en finissaient plus de recenser les contrats de joint venture (BOT [4], DBO [5],…) des majors de l’eau européennes et françaises au premier rang desquelles Suez Environnement avec sa filiale Dégremont, Veolia Environnement ou même la SAUR en Arabie Saoudite.
Source : LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE. Marc Laimé est journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales. Il a créé une « agence de presse alternative » autour des enjeux de l’eau. Véritable référence sur la question, son site Internet navigue à contre-courant.
Copenhague : le top 10 du marketing climatique
Les associations déploient des moyens médiatiques démesurés pour le festival mondial de la planète. Le palmarès par la rubrique ecolo de Rue89, Planete89.
N°1 : faire tic tic devant sa webcam… C’est l’histoire d’une expression qui se veut une forme de slogan espéranto : prononcez « tic tic tic », écrivez Tck Tck Tck et comprenez « tic tac », comme les secondes qui s’écoulent avant l’ouverture du sommet. Partie du Global humanitarian forum, l’ONG fondée par Kofi Annan, l’initiative a été conçue comme une publicité géante par l’agence Havas.
Source : rue89, le pionnier des sites d’information non lié à un média traditionnel, fondé par des anciens de Libé (Pierre Haski, Pascal Riché et Laurent Mauriac).
Le jeu des fléchettes de Copenhague
Repéré par aliciabx sur le blog de Chantoulavie, un jeu amusant et informatif de Greenpeace qui permet d’évaluer l’éco-responsabilité de chacune des principales nations à la veille du Sommet de Copenhague sans s’ennuyer.
Il vous suffit de lancer les fléchettes de onze des principaux chefs d’états pour savoir celui qui est le plus près du mille. Contre toutes attentes, les États-Unis et leur président, dont la position est d’importance en la matière, sont bien placés parmi les… derniers ! Alors n’hésitez pas à jouer et vérifiez qui sera à la hauteur des espérances de la planète à Copenhage.
Source : le blog écolo de Chantou, “une nana franche, spontanée, sensible et fidèle, mais il ne faut pas me chercher”.
Signez le pacte contre Hulot
L’écologie a besoin de cohérence politique (pour aller plus loin, lire cette tribune
), clame le blog des Pas Perdus qui nous propose de signer le Pacte contre Hulot
!
Source : Des pas perdus. Ce blog animé par un certain Stéphane traite essentiellement de politique et de faits de société, avec quelques échappées dans la littérature, les nouvelles technologies ou l’art… Ils publient quelques avertissements sur leur positionnement. Attention n°1 : nous ne prétendons pas être la vraie gauche, la gauche de chez gauche, la gauche anarcho autonome, la gauche pragmatique, la gauche réaliste, la gauche royaliste, la gauche fmiste, la gauche barrosoïste, la gauche sarkozyste, la gauche gaulliste, la gauche MoDemisée, la gauche coco, socialo, stal, trosko, anticapital, mao, spartakiste ou écolo, ou encore la gauche labellisée, la gauche bobo, caviard, social-démocrate, libérale, aquaboniste ou patronale. Non, la gauche. Attention n° 2 : Nous militons depuis peu au Parti de gauche. Attention n° 3 : nous n’écrivons pas au nom du Parti de gauche
Abeilles tuées au Régent : le dossier qui fait bzzz
Un petit billet de Bakchich pour nous rappeler l’affaire de l’insecticide pour semences qui avait décimé des ruches. La Confédération Paysanne a fait appel du non-lieu. Mais pour le procureur général, la toxicité du produit était sa raison d’être. Audience aujourd’hui.
Les analyses d’abeilles mortes avaient mis en évidence l’intoxication par le fipronil, substance active de l’insecticide pour semences Régent TS, commercialisé par les entreprises BASF puis Bayer. Et de nombreux apiculteurs ayant subi des pertes lors des miellées de tournesol se sont constitués parties civiles.
Source : Bakchich. Créé en mai 2006, le site d’information bakchich.info a connu un fort développement depuis début 2008, lorsque Nicolas Beau l’a officiellement rejoint après avoir quitté Le Canard Enchaîné, où il avait œuvré comme reporter pendant une dizaine d’années. Bakchich a récemment créé son hebdo, en vrai papier. Une initiative que Vendredi ne peut que saluer.
“Le film qu’Al Gore ne veut pas que vous voyiez”
Le brûlot anti-environnementaliste “Not evil just wrong” prend pour cible le film d’Al Gore. Exclus des circuits de diffusion traditionnels, ses réalisateurs ont tout fait pour créer le buzz autour de leur documentaire.
Refoulés des circuits habituels de projection, les réalisateurs – Phelim McAleer, journaliste irlandais habitué des documentaires sur l’environnement et sa femme Ann McElhinney – ont trouvé un autre stratagème pour diffuser leur film. Pendant plusieurs mois, ils ont encouragé les gens à acheter le DVD en ligne et à organiser leurs propres projections. Chez eux, mais aussi dans des locaux associatifs, des églises ou n’importe quel lieu pouvant accueillir des spectateurs. Il était possible d’acheter un “pack premiere party” contenant en plus du DVD une affiche, des invitations à envoyer à ses amis et même… un tapis rouge. Le film était aussi disponible sur internet, dimanche à 20h pétantes, pour donner l’illusion d’une “vraie” sortie officielle. Une première qui se serait déroulée - selon les chiffres, invérifiables, de la production – dans 7 000 lieux et aurait concerné 400 000 spectateurs. Trois projections auraient eu lieu en France.
Source : YOUPHIL est un site qui “décrit l’actualité par le prisme de l’engagement, sous toutes ses formes”. Il est soutenu par Jean-Marie Colombani et situé dans les locaux de son site d’information, Slate.








