Electricité : le spectre de la grosse panne
Le mythe de l’indépendance énergétique de la France a décidément du plomb dans l’aile.
Après avoir dû importer massivement de l’électricité en octobre dernier pour la première fois depuis vingt-sept ans, la France devrait à nouveau franchir un record en décembre. L’Hexagone semble même se diriger tout droit vers une gigantesque panne, en particulier en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en raison de la très faible autosuffisance de ces régions.
Source : alternatives-economiques.fr, le site de l’excellent magazine économique éponyme. Le seul à ne pas diffuser du prêt à penser.
Le salaire, 1ère source d’insatisfaction au travail
Ce n’est pas de leurs conditions de travail ou de la précarité de leur situation professionnelle que souffrent le plus les Français, mais de la faiblesse de leur salaire. Selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), menée en 2007 et publiée ce mois-ci, dans les entreprises de plus de dix salariés du secteur marchand, 55 % des personnes interrogées sont “plutôt insatisfaites” du montant inscrit en bas de leur fiche de paie.
50 % des salariés évaluent à 330 euros mensuels l’écart entre le salaire perçu et celui jugé normal. Pour estimer ce dernier, les salariés prennent pour référence leur propre salaire ou ceux de personnes proches. “L’appréciation subjective de sa place dans la hiérarchie salariale est considérable : si l’on croit être dans le tiers le mieux payé des salariés, on jugera normal un salaire de 7 % plus faible que si l’on croit se situer dans le tiers le moins bien payé”, conclut l’institut.
Source : Des nouvelles du front. Blog d’information engagé. Résolument sur le front politique et social. Avec pour seule présentation cette phrase attribuée à Marx et Engels : « Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. »
Le krach de Dubaï et les géants français de l’eau
La faillite brutale de Dubaï siffle la fin de la récréation pour les technologies hydrauliques de pointe, « Re-use et desalination » qui faisaient figure depuis quelques années de « Nouvelle Frontière » pour les géants français de l’eau.
Illustrant la « nouvelle frontière » de la gestion de l’eau dans le monde sur laquelle les principaux groupes industriels et de services s’étaient jetés pour conquérir des marchés de délégation de service public en eau potable et assainissement, le dessalement de l’eau de mer par membranes à osmose inverse (desalination) et la réutilisation des eaux usées (Reuse) pour les espaces verts ou le recyclage en eau brute multi-usages marquent les tendances technologiques dominantes en hydraulique urbaine ou récréative (tourisme, hôtellerie, golfs). Nombre de revues professionnelles (Hydroplus, Water & Wastewater International…), n’en finissaient plus de recenser les contrats de joint venture (BOT [4], DBO [5],…) des majors de l’eau européennes et françaises au premier rang desquelles Suez Environnement avec sa filiale Dégremont, Veolia Environnement ou même la SAUR en Arabie Saoudite.
Source : LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE. Marc Laimé est journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales. Il a créé une « agence de presse alternative » autour des enjeux de l’eau. Véritable référence sur la question, son site Internet navigue à contre-courant.
Dubaï, l’heure des soldes
L’heure des comptes à sonné à Dubaï la capitale du n’importe quoi généralisé. En embuscade, le grand frère et émirat ennemi, Abu Dhabi qui va profiter des soldes.
Qu’on se le dise, l’heure des comptes a désormais sonné. Celle des soldes flottants aussi : on peut compter sur Abu Dhabi pour reprendre en main les deux derniers bijoux de famille de Dubaï : sa compagnie aérienne Emirates, et son opérateur portuaire, Dubaï Ports World, troisième acteur mondial du secteur. Le reste, comme le promoteur immobilier Nakheel, risque fort d’être réduit à un statut qu’il n’aurait jamais dû quitter : celui d’actif pourri.
Source - « Le business expliqué à ta soeur » Un blog qui rit jaune “lorsque le gotha de la finance libéralisée salue le sauvetage par l’Etat de deux géants du marché hypothécaire ayant lamentablement merdé”. Particulièrement bien informé, probablement écrit par un journaliste économique qui veut rester discret.
Mafias pharmaceutiques
Très peu de médias en ont parlé. L’opinion publique n’a pas été alertée. Et pourtant, les inquiétantes conclusions du Rapport Final rendu public par la Commission européenne le 8 juillet dernier sur les atteintes aux principes de la concurrence dans le domaine pharmaceutique méritent d’être connues des citoyens et largement diffusées. Un billet d’Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde Diplomatique. On pourra aussi sur le sujet lire le dossier du quotidien communiste “La Marseillaise”, publié sur le site Sauvons la recherche.
Que dit le Rapport ? En résumé : que, en matière de commercialisation des médicaments, la concurrence fonctionne mal, et que les grands groupes pharmaceutiques internationaux ont recours à toutes sortes d’arguties et de tripatouillages pour empêcher autant que possible l’arrivée sur le marché européen de remèdes plus efficaces et surtout pour disqualifier les médicaments génériques beaucoup moins chers. Conséquence : le retard du consommateur à accéder aux génériques se traduit par d’importantes pertes financières pour les patients eux-mêmes mais également pour les systèmes de Sécurité sociale à la charge des États (et donc, aussi, des contribuables).
Source : Mémoire des luttes. Un think tank de gauche, tendance bolivarienne (chaviste), fondé par les anciens dirigeants du Monde Diplomatique (Bernard Cassen et Ignacio Ramonet).
Rushkoff : quelle monnaie après l’ère du gratuit ?
Le message de cet intervenant, auteur de Life Inc. lors du Web 2.0 à New York : il faut changer de système d’exploitation pour la monnaie. Notre argent est obsolète. Il est basé sur un concept né à la Renaissance. Il est tant d’en changer. De multiplier les monnaies, de réfléchir à de l’argent basé sur la valeur d’échange “peer-to-peer”. Accrochez vous, c’est en anglais. Mais c’est de la bonne vulgarisation.
La Société Générale prépare ses clients à “l’effondrement économique mondial”…
Le film “2012″, montrant la fin du monde qui vient (à défaut d’insurrection), cartonne au box-office. Dans la même veine, le “scénario du pire pour la dette” concocté par le stratégiste financier de la Société Générale Daniel Fermon a peu de chances de faire autant d’entrées en salles… des marchés. A lire sur le sujet, ce papier de Napakatbra et aussi celui de l’incontournable ContreInfo (une traduction d’un papier du Telegraph).
Dans son rapport, la banque affirme que les différents plans de relance ont simplement eu pour effet de transférer du passif privé vers les finances publiques, créant de nouvelles bulles prêtes à exploser. Rien n’est réglé, donc. Pire, la crise continue de tirer les gouvernements vers le bas, constamment obligés de remettre la main à la poche. Même sans nouvelles dépenses, la dette publique devrait atteindre dans les deux années qui viennent des niveaux impressionnants : 105% du PIB au Royaume Uni, 125% aux États-Unis et dans la zone euro, et 270% au Japon. La dette mondiale des Etats grimperait ainsi à 45 000 milliards de dollars, multipliée par deux et demi en 10 ans.
Source : Les Mots ont un sens. Christophe R., alias”Napakatbra” (@napakatbra sur Twitter), éditeur de site “agrégatif” comme Vendredi, analyse et décrypte les “maux de l’actualité”, principalement à travers une bonne revue de la presse et du Net. Ce qui ne l’empêche pas de temps à autre de signer un billet comme celui-ci.
Echapper à l’impôt : la méthode multinationale
Seb Musset, blogueur plutôt à gauche, nous explique très simplement dans un court billet la méthode des entreprises du CAC40 pour échapper à l’impôt, grâce aux paradis fiscaux. En attendant de déguster sur France 3 l’émission Pièce à conviction consacrée à ce sujet.
Lundi 16 novembre, l’émission Pièce à conviction a, pour la première fois à ma connaissance, expliqué de façon intelligible et à une heure de grande écoute le mécanisme des prix de transfert. Les prix de transfert permettent aux compagnies multinationales de se gaver avant même que leurs produits ne soient mis en vente.
Source : Les jours et l’ennui de Seb Musset, qui se décrit comme “un écrivain un brin dépité ou chronique de guerre néo-libérale”. Belle plume et fortes convictions.
L’invraisemblable désinvolture
La conférence de la FAO (Food and Agriculture Organisation) s’ouvre cette semaine. L’organisation ne pourra une fois de plus que constater les ravages de l’agro-business préconisées par la banque mondiale depuis des années. Faut-il donner une dernière chance au capitalisme pour qu’il règle le problème ?
S’il était décidé de donner une dernière chance au capitalisme, dans un accès d’insouciance ou bien d’inconscience, pourrait-il lui être proposé de régler un autre petit problème, dont on va parler à l’occasion de la Conférence de la FAO qui débute demain à Rome ? Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO, vient d’effectuer une grève de la faim symbolique de 24 heures, rejoint a-t-il été annoncé par Ban-Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU. Il a estimé que la production agricole devait augmenter de 70% d’ici 2050 et demandé aux Chefs d’Etats des engagements et du concret (ceux du G8 devraient briller par leur absence). « Les pauvres ne peuvent pas se nourrir de promesses », a répondu Francisco Sarmento, de l’ONG ActionAid. Car, pour la première fois, nous avons dépassé le cap du milliard d’êtres humains officiellement frappés de malnutrition. Au regard de ce que nous constatons déjà, de la pitoyable comédie de la régulation financière qui nous est jouée, ainsi que de l’échec annoncé du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, que l’on tente de camoufler au dernier moment, est-ce qu’un tel pari de notre part serait très responsable ? Et pourtant…
Source : François Leclerc est le blogueur invité le plus prolifique et sans doute le plus brillant du blog de Paul Jorion, à l’exception de Paul Jorion lui-même bien sûr, un ex-trader devenu essayiste et spécialiste très écouté de la crise financière.
Paradis fiscaux : la vraie liste !
Sur le site d’Alternatives Economiques, on découvre que les paradis fiscaux n’ont pas miraculeusement disparu depuis que le G 20 s’y intéresse : “non, la liste grise établie par l’OCDE depuis avril dernier n’est pas fiable. C’est ce que démontre le nouveau classement des « juridictions à secrets » du réseau Tax justice network (TJN), relayé en France par la Plate-forme des paradis fiscaux et judiciaire, argentsale.org”. Le véritable enjeu aujourd’hui, comme le montre la liste, est de réguler ce qui se passe sur les grandes places financières occidentales bien plus que dans quelques îles exotiques.
Source : alternatives-economiques.fr est le site du mensuel éponyme, seul magazine économique français à gauche. Pourvu qu’il dure ! Pour s’abonner, cliquer ici.







