Le lipdub de l’UMP : sous le signe du Donut
Quelle différence entre le pseudo-lipdub d’Europe Ecologie et celui des Jeunes de l’UMP1? Si on coupe le son, finalement moins qu’il n’y parait. Le premier fait preuve de plus d’imagination dans le choix des situations, et se distingue par un casting particulièrement large. Plus étriqué, le second a une figuration plus marquée par la présence des pipolitiques. Les deux clips se rejoignent dans la reproduction de l’esthétique amateur, le goût du plan fixe et le montage de père tranquille.
http://www.dailymotion.com/videoxbg9yfSource : L’Atelier des icônes est un blog scientifique spécialisé dans le domaine des études visuelles. Il propose une extension publique de mon séminaire de recherche et s’inspire de ses fonctionnements. L’auteur: André Gunthert est historien, chercheur en études visuelles, maître de conférences à l’EHESS (contact).
Le futur du business musical par David Byrne
Publié en 2007 chez Wired, sous le titre “Survival Strategies for Emerging Artists — and Megastars”, l’article de David Byrne reste -deux ans plus tard- d’une lucidité proche de la prophétie. Il est republié en Français sur le site Gonzai, où sévit notamment le brillant abstrait-concret.
J’ai eu mon propre label. Ce label, Luaka Bop, existe toujours, bien que je ne sois plus impliqué dans sa gestion. Mon dernier album est sorti chez Nonesuch, une filiale de l’empire Warner Music Group. J’ai également sorti de la musique sur des labels indés comme Thrill Jockey, et j’ai fait presser des CD que je vendais pendant les tournées. Je pars en tournée tous les deux trois ans, et je ne considère pas ça comme une simple vente à perte pour vendre des CD. Donc, je connais les deux côtés de ce secteur. J’ai fait de l’argent, et je me suis fait dépouiller. J’ai connu la liberté artistique, et la pression de devoir faire des hits. J’ai eu affaire à des musiciens tarés qui se comportaient comme des divas, et j’ai vu des albums de génie fait par des artistes fabuleux être parfaitement ignorés. J’aime la musique. Je l’aimerais toujours. Cela m’a sauvé la vie, et je parie que je ne suis pas le seul à pouvoir dire ça.
Source - Gonzai. Selon les éditeurs du site : “Gonzaï est un magazine imprimé sur du papier virtuel (comprendre: sur Internet) tourné vers les cultures de demain et celle « culte » devenue intemporelle. Brandissant le parti pris comme un dogme rédactionnel, Gonzaï s’inspire du gonzo journalism (H. S. Thompson, Lester Bangs) et s’affirme comme un prescripteur en matière de rock, pop, littérature, art et ses différent mouvements. Crée en mars 2007, la rédaction Gonzaï, est devenu, au fil du temps, une grande famille. Les égos surdimensionnés côtoient les écrivains brillants, les critiques ratés surnagent dans la même vase que les journalistes au flair incroyable, parfois le trait de génie surfe sur le coup de torchon. Plus loin, quelques interviews cultes se réalisent, entre deux papiers approximatifs, sur un coin de table. Nous ne gagnons pas d’argent, du moins pas salement”.
Le syndrôme du poisson rouge
Les billets du Monolecte, l’un des blogs préférés de Vendredi, sont désormais disponibles en livre. Oui, un livre en vrai papier. “Leur auteur Agnès Maillard a amoureusement retravaillé, contextualisé, mis en pages et imprimé ses chroniques du Monolecte des années 2004 et 2005“, peut-on lire sur le site Culture de France 2. Mettre son blog sur du papier, c’est une idée qui ne pouvait que séduire l’équipe de Vendredi. Elle en amène une autre : celle d’offrir ce livre original (édité sur le Net) pour Noël. Alors mettez donc le Syndrome du poisson rouge (c’est son titre) sous le sapin !
Passer de la Toile au livre imprimé, est-ce d’ailleurs si facile? “Ca m’a pris”, explique Agnès Maillard, “trois mois de travail. “La première chose qu’il faut retirer quand on passe d’Internet au papier, c’est l’hypertexte. Qui se transforme en note de bas de page. “ Et la seconde ? “Internet n’a pas de mémoire. En cinq ans, des sites ont disparu : j’ai dû suppléer à l’hypertexte, trouver de nouvelles références.” Il faut aussi, parfois, rappeler le contexte d’une chronique. En 2005, s’en souvient-on ? On parla pendant trois semaines des voitures brûlées dans les cités, embrasées après la mort par électrocution de deux adolescents de 15 et 17 ans, Zyed Benna et Bouna Traoré, poursuivis par la police. Le blog du Monolecte s’en est nourri, et son regard reste aujourd’hui pertinent sur ce mois où le regard des caméras s’est déplacé du centre ville à sa périphérie.
Source : Agnès Maillard, éditeur de “Le Monolecte”, se présente comme une graphiste indépendante, actuchomiste, éthologue de formation, pronetarienne!” Et, à propos de son blog : espace éminemment politique qui a l’ambition démesurée de favoriser le débat”. L’une des plumes préférées de Vendredi.
Du logiciel libre à l’intelligence collective
La devise du site Framablog, spécialisé dans le logiciel libre, est « Ce serait l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d’autre que du code ». Le papier très complet de l’universitaire Sebastien Broca est dans cette logique. Il s’interroge sur la manière dont le mouvement du logiciel libre se trouve considéré comme un modèle d‘avant-garde de transformations sociales globales. Il montre ainsi comment l’on passe d’une pratique singulière, mise en œuvre par les communautés du logiciel libre, à des théories sociologiques, économiques ou philosophiques, qui s’en inspirent largement. L’idée d’étendre les idées du logiciel libre au delà des frontières de la technologie est passionnante. Encore faut-il être capable de l’affiner régulièrement avec lucidité et ne pas emprunter certaines postures, parfois trop simplistes.
Depuis une quinzaine d’années, le mouvement du logiciel libre a connu un développement fulgurant, mettant fortement en question la prééminence des logiciels propriétaires développés par les grandes entreprises du secteur informatique. Dans le même temps, certains intellectuels ont érigé ces bouleversements en symboles de transformations sociales plus générales, attendues ou espérées. En témoignent les occurrences nombreuses des références à la « démocratie open source », à « l’économie open source », voire à la « société open source ». Cette tendance à faire du mouvement du logiciel libre un des laboratoires où se préparerait la société du futur semble devoir nous interpeller à plus d’un titre. Elle incite d’une part à s’interroger sur le bien-fondé d’une démarche intellectuelle prenant appui sur une pratique spécifique, pour fonder un discours théorique à valeur générale et/ou prospective. Elle invite d’autre part à mener une réflexion critique sur les nouvelles grilles d’analyse, censées rendre compte des spécificités de notre époque.
Source : Site de réflexion et d’information sur le logiciel libre. Une référence dans le domaine.
Mailorama : les chevaliers de la manche
n des piliers du CGB, sites de belles plumes et d’esprit réagissants (à défaut d’être réactionnaires) démonte le système Mailorama-Rentabiliweb, quelques semaines après la navrante opération de distribution de billets sur le champ de mars, qui n’eût finalement jamais lieu.
Mailorama.fr est un site Internet de pousse à la consommation. Sa particularité ? Son concept intègre parfaitement le contexte de crise économique, à l’instar des sites rueducommerce.com et radinsmalin.com. La précarisation est en expansion et les pouvoirs d’achat se frustrent de se dégrader en « vouloir d’achats » dans les cerveaux lobotomisés, fétichistes du nouveau, des consommateurs en mal de surconsommation de pompes à virgules ou bandes, d’outils hightech de communication en réseaux fibroptiqués et ondesatellisées, et de simulacres de meubles déco en carton pâte, papiers mâché et crépon. Mais Cyril Dubreau, chef de produit chez Rentabiliweb Europe depuis 2006, est arrivé comme le messie avec « son concept », tout à la fois chasseur de spectre du découvert et du surendettement, et parade aux éventuelles velléités d’épargne du consommateur flippé au carrefour du pendu des boulevards de la ramasse ou de la rue : sur mailorama.fr, plus vous dépensez d’argent et plus vous en gagnez !
Source - Classé « reacosphère » par Rue89 puis, simplement « à droite » par vendredi, le bureau politique de Culturalgangbang a fermement réagi : « Le CGB est effectivement composé d’esprits « réagissant », notamment aux coups de boutoir assénés aux valeurs républicaines, sous couvert de progressisme, engendrant un authentique délitement socioculturel ». Un site en tous cas formidablement politiquement incorrect. Et incontournable.
Marc Saint-Upéry casse le rêve de Bolivar
Marc Saint-Upéry, spécialiste de l’Amérique latine (journaliste des premières heures de Courrier International) vivant en Équateur depuis 1997, ne cherche pas à caresser son lecteur dans le sens du poil. Au contraire : il souhaite “rectifier les fausses vérités, démonter les fantasmes”, en tous cas met les pieds dans le plat d’une situation politique qu’il connaît bien. Du Vénézuela de Chávez au Honduras post-coup d’état, du Brésil de Lula à l’Équateur de Correa, il dresse dans un long entretien accordé à Article XI un tableau des « défis » qui se dressent face aux gauches latino-américaines ainsi que des évolutions géopolitiques de la région. La riposte des Bolivariens n’a pas tardé. On pourra lire la réponse de Santiago Alba Rico et Luis Alegre Zahonero traduite par Thierry Deronne sur larevolucionvive.org.ve.
Aujourd’hui, les expériences menées à Caracas ou à La Paz sont perçues comme une des clés de l’émancipation universelle par une partie de la gauche radicale européenne. Les mêmes personnes qui se garderaient bien de se prononcer sans enquête approfondie sur la trajectoire des maoïstes népalais, les problèmes du gouvernement communiste indien au Bengale, la guérilla musulmane en Thaïlande ou les conflits internes de l’ANC sud-africaine, n’hésiteront pas à émettre des proclamations définitives ou à s’engager dans des polémiques féroces – et en général passablement sous-informées – à propos des zapatistes, de Chávez ou des piqueteros argentins. Il n’est pas trop difficile d’apprendre l’espagnol ou le portugais, il est encore plus facile de croire qu’on les comprend bien et surtout, qu’on saisit par ce biais toutes les nuances d’une situation sur le terrain – y compris quand on y exalte l’altérité supposée de l’Indien ou du Noir (qui semble consoler certains de la grisaille de leur modernité quotidienne). Bref, l’avantage de l’Amérique latine, du point de vue de l’imaginaire, c’est que c’est une sorte de Même qui est un peu Autre et un Autre qui est un peu le Même.
Source : Article XI. Ce blog collectif, nettement à gauche, rassemble quelques auteurs et un dessinateur qui veulent “aller à contre-courant de la connerie ambiante en alliant les maigres forces de quelques motivés”. Un site d’actu très écrit et littéraire.
Sapir : non à la suppression de l’histoire-géo en TS
Jacques Sapir publie un plaidoyer pour le maintien de l’histoire et de la géo en terminale scientifique, encore une riche idée du très intellectuel Luc Chatel. Ce texte a été initialement publié sur le blog de son collègue de l’EHESS André Gunthert, puis republié sur de nombreux blogs et sites. Le sujet nous tient à coeur, nous leur emboitons donc le pas.
On vient d’apprendre que le ministre de l’Éducation nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’histoire et la géographie comme matières obligatoires en terminale scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout ministre de l’Éducation nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’histoire et la géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en terminale scientifique.
Source : culturevisuelle.org est le carnet de recherche visuel de l’universitaire André Gunthert (EHESS). Il héberge le texte de ce prestigieux “blogueur” invité.
Rushkoff : quelle monnaie après l’ère du gratuit ?
Le message de cet intervenant, auteur de Life Inc. lors du Web 2.0 à New York : il faut changer de système d’exploitation pour la monnaie. Notre argent est obsolète. Il est basé sur un concept né à la Renaissance. Il est tant d’en changer. De multiplier les monnaies, de réfléchir à de l’argent basé sur la valeur d’échange “peer-to-peer”. Accrochez vous, c’est en anglais. Mais c’est de la bonne vulgarisation.
Obama, Bush et les putschs latino-américains
Selon Immanuel Wallerstein, Sociologue au Centre Fernand Braudel à l’Université de Birmigham et chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, les droites latino-américaines profitent des difficultés politiques internes d’Obama pour lui forcer la main. Elles voient bien que, politiquement, il n’a pas l’énergie suffisante pour les contrarier, au Honduras, où l’on a assisté à un coup d’Etat, ou au Paraguay, où un putsch a été évité de justesse. A cela s’ajoute que la responsabilité de la situation économique mondiale tend à retomber sur les gouvernements sortants. Et en Amérique latine aujourd’hui, les sortants, ce sont des partis de centre-gauche.
Quelque chose d’étrange se passe actuellement en Amérique latine. Les forces de droite de la région sont sur le point de faire mieux sous la présidence de Barack Obama que pendant les huit années de George W. Bush. Bush a dirigé un régime d’extrême droite qui n’avait absolument aucune sympathie pour les forces populaires latino-américaines. A l’inverse, Obama dirige un gouvernement centriste qui cherche à reproduire la « politique de bon voisinage » proclamée en son temps par Franklin Roosevelt pour signaler la fin des interventions militaires directes des Etats-Unis en Amérique latine.
Source : Mémoire des luttes. Un think tank de gauche, tendance bolivarienne (chaviste), fondé par les anciens dirigeants du Monde Diplomatique (Bernard Cassen et Ignacio Ramonet).
Jacques Sapir : Sucre et guerre des monnaies
A ceux que la question cruciale de la monnaie intéresse (et nous savons qu’ils sont quelques-un chez les lecteurs de Vendredi), nous conseillons la lecture d’un papier de Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS, publié sur le blog de Malakine. Un texte technique, mais rare et utile pour qui veulent anticiper sur la seconde phase de crise qui s’annonce. Et face à laquelle un groupe de pays emmenés par le Vénézuela de Chavez répondent par la création d’une monnaie régionale commune : le Sucre.
La crise du Dollar va continuer à s’amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l’un des refuges de la spéculation. Faute d’aboutir à une solution concertée, qui clairement n’est pas possible aujourd’hui, c’est bien vers des initiatives régionales que l’on s’oriente. Dans leurs formes actuelles cependant, ces initiatives ne sauraient constituer qu’un palliatif. Il est même douteux que pour certaines d’entre-elles, et l’on pense ici spécifiquement à l’Euro, il arrive à se constituer en réelle alternative.
Source : Horizons, le blog de Malakine, intellectuel intéressé par l’esprit public. Passionné par les thèses d’Emmanuel Todd, il a été autrefois engagé chez Chevènement, qui a mené des campagnes électorales dans l’Est de la France, ne se contente pas de critiquer. Jacques Sapir, Emmanuel Todd ou Frédéric Lordon (qui a aussi son blog sur le site du Monde Diplomatique) y sont régulièrement invités.







