La révolution démocratique iranienne en marche
Pour comprendre les évènements en Iran, selon Denis Collin, philosophe marxiste, il faut commencer par “dissiper l’enfumage idéologique organisé par le régime, par diverses variétés d’anti-impérialistes, et par les impérialistes euro-américains”. Une analyse intéressante de la situation iranienne.
La propagande officielle annonce qu’il ne s’agit pas de vrais opposants, mais de gens manipulés par les médias américains et occidentaux en général. Vieille astuce de tous les tyrans : les opposants sont des agents de l’étranger qui veut asservir la patrie. C’est si évidemment absurde qu’il ne vaudrait même pas la peine de le réfuter. Mais rappelons tout de même que le point de départ des manifestations a été l’élection truquée d’Ahmadinejad et le refus du peuple de se voir spolier de sa victoire par ce tyran qui règne qu’en maintenant le pays dans l’insécurité, en jouant d’une tension bien calculée avec les USA et Israël, tout en désorganisant économiquement un pays très riche : l’Iran, un des principaux pays de l’OPEP s’est ainsi trouvé confronté à des sérieuses pénuries d’essence. Si Ahmadinejad était roi du Sahara, sûr qu’il devrait importer du sable ! On rappellera que les Occidentaux, États-Unis en tête, ont immédiatement entériné l’élection d’Ahmadinejad avec lequel ils conduisent un intéressant jeu de poker menteur qui arrange les uns comme les autres, sachant qu’il y a un accord de fond entre l’Iran et les États-unis sur la question irakienne (Nous avons eu l’occasion de nous exprimer sur ce point à plusieurs reprises).
Source : La Sociale, “analyses et débats pour le renouveau d’une pensée de l’émancipation”. Un site d’info d’inspiration marxiste.
Quand les prisonniers ont droit à la parole
Dans les prisons nord-irlandaises, il existe des “forums” permettant aux détenus de participer à l’organisation de la vie carcérale. Des dispositifs qui ne semblent pas près d’apparaître en France…
“Les tueurs ont leur mot à dire sur Maghaberry” : Voilà l’accroche-choc du Belfast Telegraph, qui a révélé la création de “forums de prisonniers” dans la prison de haute-sécurité de Maghaberry, à une vingtaine de kilomètres de Belfast. La semaine denière, les détenus - ex-paramilitaires, personnes condamnée pour viol ou meurtre - y ont désigné des délégués, qui ont pu siéger lors de réunions aux côtés du personnel pénitenciaire. L’objectif ? Tenir compte des avis et remarques des prisonniers sur l’organisation administrative de la prison.
Source : Ulster, carnet de voyage. Jean-Baptiste Allemand est un jeune journaliste de l’IUT de Tours. Il séjourne pendant neuf mois en Irlande du Nord.
L’arnaque du sommet de Copenhague
Aperçu des méthodes avec lesquels les pays riches coulent les négociations plus rapidement que ne fondent les glaces de l’Himalaya.
Il est essentiel de comprendre les manigances de cette semaine afin de bien saisir la réalité de l’accord qui sera annoncé à grand tralala la semaine prochaine. L’astuce repose principalement sur une bizarrerie du système : un pays riche peut réduire ses émissions sans effectivement émettre moins de gaz à effet de serre. Comment est-ce possible ? Il peut tout simplement payer un pays pauvre pour émettre moins qu’il ne l’aurait fait autrement. En théorie, cela semble correct : nous avons tous la même atmosphère, donc pourquoi se soucier de savoir d’où viennent les réductions ? Toutefois, le fait que les réductions d’émissions puissent être vendues entre pays introduit une extrême complexité dans le système. Tout devient rapidement (et volontairement) tellement technique que personne ne peut plus suivre les négociations en cours- aucun citoyen concerné, aucun journaliste, et même les groupes environnementaux qui bûchent à temps plein sur le sujet ont du mal.
Source : mouvements.info. Ni journal en ligne, ni liste de diffusion partisane, ni blog collectif, mouvements.info est un espace réactif de réflexion politique et théorique. Dans le contexte d’une crise sans précédent de la presse généraliste et des revues de sciences humaines, Mouvements entend conjuguer le sérieux et la rigueur à un souci de réactivité aux grands débats et faits du moment, et montrer que les sciences sociales peuvent contester ou utilement éclairer les prises de position politique. Son comité de rédaction est composé de chercheurs aux spécialisations diverses, de journalistes par ailleurs rattachés à des rédactions spécifiques ou travaillant de manière indépendante, d’enseignants, de permanents associatifs et de travailleurs sociaux .
Le krach de Dubaï et les géants français de l’eau
La faillite brutale de Dubaï siffle la fin de la récréation pour les technologies hydrauliques de pointe, « Re-use et desalination » qui faisaient figure depuis quelques années de « Nouvelle Frontière » pour les géants français de l’eau.
Illustrant la « nouvelle frontière » de la gestion de l’eau dans le monde sur laquelle les principaux groupes industriels et de services s’étaient jetés pour conquérir des marchés de délégation de service public en eau potable et assainissement, le dessalement de l’eau de mer par membranes à osmose inverse (desalination) et la réutilisation des eaux usées (Reuse) pour les espaces verts ou le recyclage en eau brute multi-usages marquent les tendances technologiques dominantes en hydraulique urbaine ou récréative (tourisme, hôtellerie, golfs). Nombre de revues professionnelles (Hydroplus, Water & Wastewater International…), n’en finissaient plus de recenser les contrats de joint venture (BOT [4], DBO [5],…) des majors de l’eau européennes et françaises au premier rang desquelles Suez Environnement avec sa filiale Dégremont, Veolia Environnement ou même la SAUR en Arabie Saoudite.
Source : LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE. Marc Laimé est journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales. Il a créé une « agence de presse alternative » autour des enjeux de l’eau. Véritable référence sur la question, son site Internet navigue à contre-courant.
Dubaï, l’heure des soldes
L’heure des comptes à sonné à Dubaï la capitale du n’importe quoi généralisé. En embuscade, le grand frère et émirat ennemi, Abu Dhabi qui va profiter des soldes.
Qu’on se le dise, l’heure des comptes a désormais sonné. Celle des soldes flottants aussi : on peut compter sur Abu Dhabi pour reprendre en main les deux derniers bijoux de famille de Dubaï : sa compagnie aérienne Emirates, et son opérateur portuaire, Dubaï Ports World, troisième acteur mondial du secteur. Le reste, comme le promoteur immobilier Nakheel, risque fort d’être réduit à un statut qu’il n’aurait jamais dû quitter : celui d’actif pourri.
Source - « Le business expliqué à ta soeur » Un blog qui rit jaune “lorsque le gotha de la finance libéralisée salue le sauvetage par l’Etat de deux géants du marché hypothécaire ayant lamentablement merdé”. Particulièrement bien informé, probablement écrit par un journaliste économique qui veut rester discret.
Copenhague : le top 10 du marketing climatique
Les associations déploient des moyens médiatiques démesurés pour le festival mondial de la planète. Le palmarès par la rubrique ecolo de Rue89, Planete89.
N°1 : faire tic tic devant sa webcam… C’est l’histoire d’une expression qui se veut une forme de slogan espéranto : prononcez « tic tic tic », écrivez Tck Tck Tck et comprenez « tic tac », comme les secondes qui s’écoulent avant l’ouverture du sommet. Partie du Global humanitarian forum, l’ONG fondée par Kofi Annan, l’initiative a été conçue comme une publicité géante par l’agence Havas.
Source : rue89, le pionnier des sites d’information non lié à un média traditionnel, fondé par des anciens de Libé (Pierre Haski, Pascal Riché et Laurent Mauriac).
Mafias pharmaceutiques
Très peu de médias en ont parlé. L’opinion publique n’a pas été alertée. Et pourtant, les inquiétantes conclusions du Rapport Final rendu public par la Commission européenne le 8 juillet dernier sur les atteintes aux principes de la concurrence dans le domaine pharmaceutique méritent d’être connues des citoyens et largement diffusées. Un billet d’Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde Diplomatique. On pourra aussi sur le sujet lire le dossier du quotidien communiste “La Marseillaise”, publié sur le site Sauvons la recherche.
Que dit le Rapport ? En résumé : que, en matière de commercialisation des médicaments, la concurrence fonctionne mal, et que les grands groupes pharmaceutiques internationaux ont recours à toutes sortes d’arguties et de tripatouillages pour empêcher autant que possible l’arrivée sur le marché européen de remèdes plus efficaces et surtout pour disqualifier les médicaments génériques beaucoup moins chers. Conséquence : le retard du consommateur à accéder aux génériques se traduit par d’importantes pertes financières pour les patients eux-mêmes mais également pour les systèmes de Sécurité sociale à la charge des États (et donc, aussi, des contribuables).
Source : Mémoire des luttes. Un think tank de gauche, tendance bolivarienne (chaviste), fondé par les anciens dirigeants du Monde Diplomatique (Bernard Cassen et Ignacio Ramonet).
Marc Saint-Upéry casse le rêve de Bolivar
Marc Saint-Upéry, spécialiste de l’Amérique latine (journaliste des premières heures de Courrier International) vivant en Équateur depuis 1997, ne cherche pas à caresser son lecteur dans le sens du poil. Au contraire : il souhaite “rectifier les fausses vérités, démonter les fantasmes”, en tous cas met les pieds dans le plat d’une situation politique qu’il connaît bien. Du Vénézuela de Chávez au Honduras post-coup d’état, du Brésil de Lula à l’Équateur de Correa, il dresse dans un long entretien accordé à Article XI un tableau des « défis » qui se dressent face aux gauches latino-américaines ainsi que des évolutions géopolitiques de la région. La riposte des Bolivariens n’a pas tardé. On pourra lire la réponse de Santiago Alba Rico et Luis Alegre Zahonero traduite par Thierry Deronne sur larevolucionvive.org.ve.
Aujourd’hui, les expériences menées à Caracas ou à La Paz sont perçues comme une des clés de l’émancipation universelle par une partie de la gauche radicale européenne. Les mêmes personnes qui se garderaient bien de se prononcer sans enquête approfondie sur la trajectoire des maoïstes népalais, les problèmes du gouvernement communiste indien au Bengale, la guérilla musulmane en Thaïlande ou les conflits internes de l’ANC sud-africaine, n’hésiteront pas à émettre des proclamations définitives ou à s’engager dans des polémiques féroces – et en général passablement sous-informées – à propos des zapatistes, de Chávez ou des piqueteros argentins. Il n’est pas trop difficile d’apprendre l’espagnol ou le portugais, il est encore plus facile de croire qu’on les comprend bien et surtout, qu’on saisit par ce biais toutes les nuances d’une situation sur le terrain – y compris quand on y exalte l’altérité supposée de l’Indien ou du Noir (qui semble consoler certains de la grisaille de leur modernité quotidienne). Bref, l’avantage de l’Amérique latine, du point de vue de l’imaginaire, c’est que c’est une sorte de Même qui est un peu Autre et un Autre qui est un peu le Même.
Source : Article XI. Ce blog collectif, nettement à gauche, rassemble quelques auteurs et un dessinateur qui veulent “aller à contre-courant de la connerie ambiante en alliant les maigres forces de quelques motivés”. Un site d’actu très écrit et littéraire.
Obama, Bush et les putschs latino-américains
Selon Immanuel Wallerstein, Sociologue au Centre Fernand Braudel à l’Université de Birmigham et chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, les droites latino-américaines profitent des difficultés politiques internes d’Obama pour lui forcer la main. Elles voient bien que, politiquement, il n’a pas l’énergie suffisante pour les contrarier, au Honduras, où l’on a assisté à un coup d’Etat, ou au Paraguay, où un putsch a été évité de justesse. A cela s’ajoute que la responsabilité de la situation économique mondiale tend à retomber sur les gouvernements sortants. Et en Amérique latine aujourd’hui, les sortants, ce sont des partis de centre-gauche.
Quelque chose d’étrange se passe actuellement en Amérique latine. Les forces de droite de la région sont sur le point de faire mieux sous la présidence de Barack Obama que pendant les huit années de George W. Bush. Bush a dirigé un régime d’extrême droite qui n’avait absolument aucune sympathie pour les forces populaires latino-américaines. A l’inverse, Obama dirige un gouvernement centriste qui cherche à reproduire la « politique de bon voisinage » proclamée en son temps par Franklin Roosevelt pour signaler la fin des interventions militaires directes des Etats-Unis en Amérique latine.
Source : Mémoire des luttes. Un think tank de gauche, tendance bolivarienne (chaviste), fondé par les anciens dirigeants du Monde Diplomatique (Bernard Cassen et Ignacio Ramonet).
La Société Générale prépare ses clients à “l’effondrement économique mondial”…
Le film “2012″, montrant la fin du monde qui vient (à défaut d’insurrection), cartonne au box-office. Dans la même veine, le “scénario du pire pour la dette” concocté par le stratégiste financier de la Société Générale Daniel Fermon a peu de chances de faire autant d’entrées en salles… des marchés. A lire sur le sujet, ce papier de Napakatbra et aussi celui de l’incontournable ContreInfo (une traduction d’un papier du Telegraph).
Dans son rapport, la banque affirme que les différents plans de relance ont simplement eu pour effet de transférer du passif privé vers les finances publiques, créant de nouvelles bulles prêtes à exploser. Rien n’est réglé, donc. Pire, la crise continue de tirer les gouvernements vers le bas, constamment obligés de remettre la main à la poche. Même sans nouvelles dépenses, la dette publique devrait atteindre dans les deux années qui viennent des niveaux impressionnants : 105% du PIB au Royaume Uni, 125% aux États-Unis et dans la zone euro, et 270% au Japon. La dette mondiale des Etats grimperait ainsi à 45 000 milliards de dollars, multipliée par deux et demi en 10 ans.
Source : Les Mots ont un sens. Christophe R., alias”Napakatbra” (@napakatbra sur Twitter), éditeur de site “agrégatif” comme Vendredi, analyse et décrypte les “maux de l’actualité”, principalement à travers une bonne revue de la presse et du Net. Ce qui ne l’empêche pas de temps à autre de signer un billet comme celui-ci.








