Dans les tags : communication politique

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Sarkozy se confie à 6 journalistes, mais c’est du “off”

Selon son souhait, les propos du Président ont été attribués à son entourage. Décryptage d’une étrange stratégie de com par Rue89.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs médias ont subitement relayé les propos de « collaborateurs » ou de « l’entourage » de Nicolas Sarkozy, ou encore d’un certain « on » (travaillant à l’Elysée), voire même du palais présidentiel en personne - « l’Elysée dit que… » Ces mystérieuses sources livraient à ces médias des « confidences » du président de la République sur les difficultés de la mi-mandat, le grand emprunt, l’insolence de Rama Yade ou la nomination avortée de Jean Sarkozy à l’Epad. Jeudi matin, patatras : les radios révèlent que « on », « l’entourage » et « l’Elysée » sont en fait Nicolas Sarkozy lui-même, qui s’est exprimé la veille devant quelques journalistes. Mais les propos d’un Président et ceux que lui prêtent ses proches n’ont pas la même valeur, surtout quand il s’agit de reconnaître une erreur ou de tancer une ministre… Pourquoi avoir ainsi « maquillé » la source des propos ? Parce qu’ils étaient tenus « off the record » (« hors micro », c’est-à-dire non attribuables à celui qui les a dits). Mais le off a fini par être « brisé ». Retour sur une cacophonie très parlante sur les méthodes de communication de l’Elysée, et sur les pratiques journalistiques.

Source : Rue89, le premier site d’info en France, fondé en 2007 par des anciens de Libé (Pierre Haski, Pascal Riché et Laurent Mauriac).

 
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Royal, Sarkozy, Obama : trois échecs de la communication politique

Le monde de l’internet transforme profondément les pratiques de la communication sociale. Le politique, lanterne rouge habituelle de tous les changements, court derrière. Avec plus ou moins de bonheur. Plus, quand il gagne le élections. Moins, quand il les perd. Et pourtant ce n’est pas à l’aune des victoires électorales qu’il faut juger sa capacité à être en phase avec la société. Les succès confirment le vainqueur dans sa certitude d’avoir raison, même quand il a tort. Un billet de Pierre Gandonnière, universitaire et consultant.

On peut dire que Nicolas Sarkozy semble n’avoir rien compris à la nature réelle du web. L’internet est utilisé comme un simple nouvel outil dans le dispositif de communication, un complément. Au sommet de la pyramide : la source, le centre de décision. A la base, le peuple qu’il s’agit d’entraîner dans l’aventure. Entre les deux, la machine pyramidale du parti. L’internet constitue d’une part, une couche supplémentaire entre le parti et le peuple, pour assurer la transmission des messages, y compris sur son profil Facebook. Et d’autre part, un liant interne qui permet d’assurer un minimum d’interactivité à l’intérieur de la structure  pour débattre du projet (mais sans le remettre en cause) et pour renforcer la cohésion interne. Là où chez Ségolène Royal il y avait production collaborative, chez Nicolas Sarkozy il y a grande distribution et consommation de masse. Là où il y avait structure horizontale, il y a structure verticale. Là où il y avait  réseau, il y a système. L’internet est utilisé à contre-emploi.

Source : selon l’auteur, Pierre Gandonnière, son blog “se propose de développer l’écologie de l’information comme méthode d’analyse et de prospective. On y trouvera des articles d’actualité, mais aussi des textes de fond pour comprendre le monde des médias et de la communication”.