Vertus démocratiques de l’Internet
Comment caractériser les formes politiques de la révolution Internet ? Dans cet essai, Dominique Cardon met en évidence les tensions qui traversent le réseau des réseaux, notamment l’égalité radicale des internautes, la visibilité extrême des subjectivités, la production de solidarités nouvelles, la construction de la légitimité. Plongée dans la « démocratie Internet ».
À la question de la place d’Internet dans le renouvellement des figures de la démocratie, beaucoup de réponses très diverses et contradictoires peuvent être apportées. Car, à considérer Internet comme un tout, à la fois objet technique, média, espace public, support ou instrument politique, on prend le risque de fondre ensemble des choses si différentes que toute généralisation glisse sur cet improbable objet, sans parvenir à le spécifier. Je voudrais cependant prendre ce risque en avançant, sans beaucoup de précautions, six propositions relatives à l’expérience de la démocratie sur Internet.
Source : “La vie des idées” est un site d’analyse et d’information sur le débat d’idées. Créée à l’initiative d’un groupe d’intellectuels à dominante social-démocrate (bien qu’Emmanuel Todd en fasse partie) sous la houlette de Pierre Rosanvallon, fondateur de la République des idées.
La troisième démocratie, celle de l’info liquide
Thierry Crouzet prépare un livre sur “l’ère du flux”, qui traitera en particulier de l’Internet et de la démocratie et relit studieusement, sur les conseils de son ami Narvic, “Problème de la démocratie grecque”, de Jacqueline de Romilly, paru en 1976. Il nous en propose une lecture selon la grille les trois formes de démocratie et les trois états de l’information qui lui sont associés : 1) La démocratie représentative qui est la nôtre (elle irait de pair avec l’information “solide”). 2) La démocratie directe que les Grecs ont poussée à son summum (va de pair avec l’information pour une grande part “gazeuse”, la vox populi). 3) La démocratie participative (temps réel, non représentative, sans élection, non universelle, non égalitaire… rendue possible grâce à internet et l’information “liquide”). Et sur laquelle il reviendra dans son prochain livre sur le Flux…
“Les tentatives de réforme plus ou moins oligarchiques réclamèrent toujours une diminution du corps civiques selon des critères censitaires”, écrit Jacqueline de Romilly. N’en est-on pas là ? Certains hommes politiques aimeraient donner des labels à certains blogueurs ? Et discréditer les autres. Tout cela dans le but de réduire le poids du peuple. Séguéla apprécierait à coup sûr, sans parler de nos amis Wolton et Finkelkraut.
Source : Le peuple des connecteurs, par Thierry Crouzet, journaliste, essayiste, romancier (il travaille actuellement sur un “twiller”, thriller sur twitter). “Cinquième pouvoir, politique, technologie… par Thierry Crouzet, expert de rien…”.
Internet est-il la voix du peuple ?
Certains voient dans l’expression libre qui se déploie sur internet une sorte de « voix du peuple », un « miroir de l’opinion ». Cette expression serait celle « simplement des citoyens, des Français »… Le blogueur Narvic, journaliste, spécialiste des médias et du net, nous rappelle “que de nombreux éléments nous indiquent au contraire que le « débat » en ligne est essentiellement animé par une infime minorité des internautes, qui se croit représentative alors qu’elle représente surtout elle-même, et qui, de surcroit, fait aussi partie des élites sociales du diplôme et du revenu, dont elle dénonce pourtant la mainmise sur le débat public”.
Considérer internet comme la voix du peuple, ou même seulement comme un miroir de l’opinion publique, est donc finalement, aujourd’hui, totalement abusif. Internet permet probablement une libération et un élargissement de la prise de parle en public par rapport aux médias traditionnels, mais l’usage qui en est fait reste très modeste en ce domaine. On a même le droit de penser qu’internet n’est pas, pour l’heure, cet espace où « le peuple » prendrait la parole auquel « les élites traditionnelles » lui refusaient l’accès, mais celui de l’émergence d’une autre forme d’élite, une aristocratie de l’expression en ligne, peut-être un peu plus large que l’autre, mais alors à peine et encore ce n’est même pas sûr.
Source : Novövision. Par Narvic, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Internet des médias traditionnels. Site d’info et de réflexion sur le devenir de l’info sur le Web. Ce blog est moins alimenté depuis le début de l’été. Mais Narvic y retourne de temps en temps. Il est surtout présent sur narvic.fr…
Conversation avec un moine capitaliste (vidéo)
Samedi dernier, avec Phyrezo, Thierry et Isabelle Crouzet ont rencontré Didier Long qui leur a parlé de son prochain livre, “Capitalisme et christianisme, 2000 ans d’une tumultueuse histoire”, lisible pour quelques jours encore gratuitement.
Source : Le peuple des connecteurs, le blog de Thierry Crouzet, écrivain, essayiste, auteur du cinquième pouvoir et qui prépare un livre sur l’information liquide.
Rendez-nous la démocratie

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Nicolas, de Partageons mon avis, met en parallèle le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, et la votation citoyenne française sur le statut de La Poste. Ce n’est pas comme ça, pour lui, qu’on va “rétablir la démocratie dans ce pays”…
Ce qu’il y a de marrant, c’est que ces résultats tombent le jour de la « votation citoyenne » en faveur de notre service public de distribution du courrier. Je ne sais pas si les organisateurs se rendent réellement compte de ce qu’ils ont fait :
Petit 1 : ils organisent ce machin alors que la droite justifie le changement de statut de La Poste par les décisions « de Bruxelles » alors qu’on sent bien, ce jour particulier, que les décisions « de Bruxelles » sont un déni de démocratie puisque les peuples sont « obligés » de les approuver.
Petit 2 : ils organisent cette élection inutile (dans le sens où elle n’est qu’une pétition géante) en faisant croire aux gens qu’elle s’inscrit dans un processus démocratique le jour même où l’élection en Irlande montre le déficit de démocratie.
Source - Nicolas, l’éditeur de “Partageons mon avis, “blog militant de gauche (socialiste, mais hors du parti), se plaît dans un ton et un propos volontairement plus ” bistro” que nombre de ses sympathiques confrères. Il édite également “Partageons mes âneries”, qui, comme son nom l’indique…
Nouveaux médias, nouveaux militants

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Fabrice Epelboin nous déniche encore une intéressante étude étasunienne, signée Pew Internet & American Life Project. L’étude montre une nette évolution dans la population qui s’engage politiquement à travers les média sociaux : les internautes de moins de 35 ans représentent 72 % de ceux qui utilisent les réseaux sociaux à des fin politiques. Qui plus est, et c’est probablement là le point clé de l’étude, estime Fabrice Epelboin : les différences en terme de niveau d’éducation et de revenus sont bien moins prononcées au sein de ce groupe que dans le groupe de ceux qui militent ailleurs que sur internet. On assisterait - en quelque sorte - à une démocratisation de la démocratie…
Source - Animé par Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb France, blog dédié à l’actualité des technologies web, a été élu en juin dernier, meilleur blog high-tech dans le magazine Challenges par un jury présidé par Nathalie Kosciusko Moriset, secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique.
Moralisons la finance !

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Une banque réalise une opération spéculative, disons à la hausse du prix du pétrole. Elle gagne un milliard. Le trader qui l’a menée a droit à 10 % du total, soit 100 millions. Si vous lisez les journaux, vous aurez déjà compris que mon illustration n’est pas purement imaginaire ! Moralisons la finance : plafonnons le bonus des traders !
Source - Le blog de Paul Jorion est devenu une référence pour la réflexion économique. L’auteur, docteur en Sciences Sociales, fut le premier à annoncer l’avènement de “la crise”, dans son livre éponyme (Fayard).
Twitter ne sauvera pas le monde !

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Twitter c’est bien pratique pour partager des liens et communiquer avec ses amis, mais pas terrible pour établir la démocratie et renverser des dictatures.
Les médias sociaux vont-ils changer
notre façon de gouverner ?

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Internet permet déjà aux blogs de critiquer la politique, d’alerter et faire pression, et même de questionner directement les élus, qui eux- mêmes peuvent et doivent communiquer. Ce documentaire d’une heure, donne matière à réfléchir. Mais qu’on ne s’arrête pas, car les nouvelles technologies et leur utilisation changent et évoluent rapidement.
Le collaboratif devient un composant
essentiel de la vie citoyenne

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Favoriser la participation démocratique via les outils en ligne - blogs, forums, vote par Internet - devient un objectif pour de nombreux Etats. Cependant leur adoption rencontre encore des difficultés.



