Les “usines à contenus”, menace pour Google
Ces derniers temps, on a assisté à une véritable explosion de ce qu’il convient d’appeler des ‘usines à contenu’ telles que Demand Media ou Answers.com. Ces sociétés créent des milliers d’articles par jour et ont un impact considérable sur le web anglosaxon. Les grands groupes média, les blogs et Google sont désormais assez préoccupés par ces nouveaux entrants qui, même s’il ne sont pas encore arrivés en France, ne sauraient tarder.
Richard MacMannus (fondateur de ReadWriteWeb) avait lui commencé son analyse du phénomène Demand Media en août en montrant comment la société opérait sur une recette du succès simplissime : créer des tonnes de sites de contenus de niche, la plupart du temps sans intérêt, destinés essentiellement aux moteurs de recherche, puis utiliser les bonnes vieilles recettes du marketing viral à travers les réseaux sociaux et les monétiser avec de la publicité. Demand Media a levé des fonds afin de mener à bien cette mission : 355 millions de dollars. C’est énorme. C’est une véritable machine de guerre, bien huilée et parfaitement opérationnelle, la plus efficace génératrice de pages vues qui soit, et elle s’abat sur un univers particulièrement fragile ces temps ci : les contenus.
Source - Animé par Fabrice Epelboin, ReadWriteWeb France, blog dédié à l’actualité des technologies web, a été élu en juin dernier, meilleur blog high-tech dans le magazine Challenges. Comme son grand frère ReadWriteWeb.com (né en Nouvelle Zélande, fondé par Richard MacManus), ReadWriteWeb France, créé en octbre 2008, se distingue par ses notes d’analyse et de prospective.
Coup de froid sur les médias “alternatifs”
“Que lirez-vous quand les médias alternatifs auront disparu ?” se demande, Slovar, blogueur de gauche, qui s’inquiète après les annonces de dépôt de bilan de Bakchich et celle des dirigeants d’Agoravox sur leurs difficultés.
Echec du modèle ? Certainement pas puisque les internautes en redemandent, mais peinent à comprendre comment on peut arriver à leur fournir des contenus de plus en plus crédibles sans jamais débourser un centime. Les expériences Mediapart ou Vendredi montrent que faire participer financièrement les lecteurs est très difficile, et que ceux-ci confrontés à une offre payante, même modique préfèrent se tourner vers d’autres sources gratuites. Mais quel salarié, lecteur quotidien de ces media, accepterait de donner le meilleur de lui même … gratuitement, tout en attendant que son entreprise reçoivent quelques subsides à partager ? Comment faire pour que ces media ne disparaissent pas ?
Source : Slovar, un blogueur de gauche qui aime aller fouiller dans les documents officiels publiés sur le net. Souvent publié sur Marianne2 et Agoravox.
Internet est-il la voix du peuple ?
Certains voient dans l’expression libre qui se déploie sur internet une sorte de « voix du peuple », un « miroir de l’opinion ». Cette expression serait celle « simplement des citoyens, des Français »… Le blogueur Narvic, journaliste, spécialiste des médias et du net, nous rappelle “que de nombreux éléments nous indiquent au contraire que le « débat » en ligne est essentiellement animé par une infime minorité des internautes, qui se croit représentative alors qu’elle représente surtout elle-même, et qui, de surcroit, fait aussi partie des élites sociales du diplôme et du revenu, dont elle dénonce pourtant la mainmise sur le débat public”.
Considérer internet comme la voix du peuple, ou même seulement comme un miroir de l’opinion publique, est donc finalement, aujourd’hui, totalement abusif. Internet permet probablement une libération et un élargissement de la prise de parle en public par rapport aux médias traditionnels, mais l’usage qui en est fait reste très modeste en ce domaine. On a même le droit de penser qu’internet n’est pas, pour l’heure, cet espace où « le peuple » prendrait la parole auquel « les élites traditionnelles » lui refusaient l’accès, mais celui de l’émergence d’une autre forme d’élite, une aristocratie de l’expression en ligne, peut-être un peu plus large que l’autre, mais alors à peine et encore ce n’est même pas sûr.
Source : Novövision. Par Narvic, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Internet des médias traditionnels. Site d’info et de réflexion sur le devenir de l’info sur le Web. Ce blog est moins alimenté depuis le début de l’été. Mais Narvic y retourne de temps en temps. Il est surtout présent sur narvic.fr…
La tactique anti-médiatique de Mélenchon
Une vidéo d’Arrêt sur Images sur la tactique médiatique du patron de la gauche de la Gauche
http://www.dailymotion.com/videoxar7r7Source : Arrêt sur Images, le site info de la (feue) célèbre TV émission du journaliste Daniel Schneidermann, dédiée comme avant au décryptage des médias. Et, depuis décembre, également à nouveau à la télé, mais uniquement au profit des abonnés de Free.
L’info sous le règne du buzz
Internet amplifie et accélère la colère de l’opinion, attisée par les politiques et les médias. Attention danger ! A la lumière des récentes polémiques qui ont fait monter la Toile en témpérature, Narvic, blogueur spécialiste du net et des médias, analyse en détail le phénomène et essaie de comprendre comment le web accélère le phénomène (ancien) du buzz dans les médias traditionnels. Ce billet commence d’ailleurs lui-même à “buzzer” dans la blogosphère, plutôt chatouilleuse quand on lui donne le mauvais rôle.
C’est à se demander si les médias traditionnels n’ont pas trouvé, enfin, avec internet, cette réponse de leur audience, après laquelle ils courraient tous depuis longtemps. Internet semble en effet fournir une température en temps réel des attentes de l’audience autrement plus rapide et efficace que l’observation du nombre d’invendus dans les kiosques à journaux, de l’observation quart d’heure par quart d’heure de l’audience des émissions télévisées, et des autres moyens marketing. On comprend l’intérêt de la démarche pour des médias de plus en plus placés «sous l’emprise du marketing» (cf. Yannick Estienne : Le journalisme après internet), qui consiste à ajuster au plus fin l’offre éditoriale à la demande réelle du marché solvable. La très mauvaise santé économique du secteur de l’information, en général, pousse inexorablement dans ce sens. Mais je me demande aussi ce que devient l’information dans tout ça. Et c’est bien ça qui me met mal à l’aise…
Source : Narvic, éditeur de Novövision2 est chroniqueur chez Slate, un des derniers nés des sites d’info “pure players”, site qui recherche des angles plus décalés que ceux de ses concurrents. Les fondateurs de Slate (l’ardoise), version française de son parent américain, dont il reprend parfois des billets : Jacques Attali, Jean-Marie Colombani, Johan Hufnagel, Eric Le Boucher, Eric Leser.
Internet et la fin des intellectuels en perruque
Deux billets sont sortis aujourd’hui sur la crainte qu’Internet inspirent aux intellectuels et plus généralement aux élites médiatiques. Et ce n’est pas la sortie de Séguéla chez Ruquier samedi soir qui va arranger les choses. Nous vous proposons de découvrir celui d’Enikao. Mais sur le sujet, lisez également le papier de Florence Meichel. Entre deux billets de Séguéla-Bashing…
Le problème des intellectuels officiels, reconnus et présentés comme tels (au point de faire rire nos amis américains comme le moquait Bill Maher en parlant d’intellectuels publics, une intelligentsia adoubée par le public à qui les faiseurs de célébrité n’ont donné que cet os à ronger) est ailleurs, et il est bien de l’ordre de la survie. Car comme toute structure vivante, organisation ou caste, ce qui existe a vocation à survivre et à se perpétuer. C’est le processus vital classique : nourriture, reproduction, lutte contre la mort. Une certaine élite n’y coupe pas. Pour certains intellectuels et experts médiatiques, la présence dans les médias est leur raison d’être, au sens marketing du terme. Qu’on leur retire chroniques, plateaux et tribunes, ils ne seront plus grand chose. Si cela peut sembler impromptu d’introduire en France la notion de marketing dans les sphères intellectuelles, il est tout de même notoire que certaines élites maîtris(ai)ent bien leur personnal branding, quand bien même ils s’en défendraient. Les prises de positions sont parfois moins une conviction profonde qu’un positionnement. Pour exister, il faut se poser contre, nuancer, en somme se définir par rapport au marché existant.
Source : le Blok Not d’enikao, un jeune spécialiste de la communication et de l’Internet, participe aux réseaux Owni et Aaaliens.
Un portrait de l’ennemi intérieur

Crédits image: (DR)
[Article XI]“L’ennemi intérieur”… Comment le concept en a été forgé dans les milieux militaires français lors des guerres coloniales, avant de “progressivement contaminer les champs politique et médiatique”. C’est le thème du livre “très fouillée et méthodique” du chercheur Mathieu Rigouste qu’Article XI a rencontré pour cet entretien passionnant.
La publication de ton ouvrage, début 2009, n’aurait pu “mieux” tomber : l’affaire de Tarnac est venue comme une parfaite illustration de ton travail. Dans la logique de création de l’ennemi intérieur, tu penses que les manipulations étatiques de ce genre vont se multiplier ?
En fait, la publication est tombée juste après un nouvel essai de réglage de la fonction bouc-émissaire : sur la figure de « l’anarcho-autonome ». Mais ce mécanisme de la machine à purge continue depuis bientôt vingt ans à fonctionner sur un double réglage : les figures de « l’islamo-terroriste » et du « barbare de cité ». L’affaire de Tarnac ne fait que reformuler et appliquer exceptionnellement, pour l’instant, un type de montage habituellement réservé aux non-blancs pauvres et de manière permanente. Comme la logique sécuritaire, qui tend à reformuler et appliquer en continu à « la population » des méthodes de guerre conçues contre « les populations colonisées ».
Source - Ce blog collectif, nettement à gauche, rassemble quelques auteurs et un dessinateur qui veulent “aller à contre-courant de la connerie ambiante en alliant les maigres forces de quelques motivés”. Un site d’actu très écrit et littéraire.
Mitterrand défend mal une position défendable

Crédits image: DR
Daniel Schneidermann, pour @rrêts sur images, juge sans complaisance, mais calmement et avec sang-froid, la prestation du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand sur TF1, en réponse aux accusations portées contre lui. Pour le journaliste, le ministre s’est mal défendu, alors que sa position était défendable…
Il devait passer par le trou d’une aiguille : c’est raté. Que devait-il faire ? Adopter la seule défense possible : dans mon livre, pas trace de pédophilie. Ce qui est vrai. (…)
Voila ce qu’il fallait dire. Après, il n’avait plus qu’à assumer l’égarement du touriste sexuel (mais avec repentirs sonores), et plaider non coupable pour pédophilie. Il n’avait plus qu’à insister sur le fait que son livre n’est pas une apologie (ce qui est vrai aussi, mais pas non plus une condamnation, on est dans la littérature), et marteler sa condamnation officielle. Une chance sur deux de passer. Mais non. Emporté par l’ivresse du narcissique, l’orgueil de l’homme de pouvoir, la tension du malheureux humain, arrivé à l’impossible carrefour de toutes ses vies, Mitterrand a dérapé. Quel besoin avait-il de parler “d’hommes de quarante ans” ? D’ajouter que ses partenaires avaient “son âge, peut-être cinq ans de moins”, ce qui ne peut que faire sourire quiconque a vu un reportage sur les bordels thaïs, ou lu Houellebecq ?
Source - Le site info de la (feue) célèbre TV émission du journaliste Daniel Schneidermann, dédiée comme avant au décryptage des médias. Et, depuis décembre, également à nouveau à la télé, mais uniquement au profit des abonnés de Free.
Sur internet, ce sont mes amis qui m’informent

Crédits image: Alexandre van de sande (cc)
Une “expérience d’information personnelle”, sur novövision : comment les réseaux sociaux d’internet prennent une place de plus en plus importante dans la manière qu’ont les gens de s’informer, court-circuitant les médias traditionnels et privilégiant la “recommandation de mes amis plutôt que sur prescription d’une quelconque autorité.”
J’ai donc interrogé mon réseau social : « J’ai pas la télé ici : quelqu’un me raconte Mitterrand à la télé ? » et on m’a raconté tout ça en direct.
J’ai gardé un œil sur le fil des messages qui défilait. C’est là qu’on m’a signalé aussi la parution d’une synthèse de l’entretien sur le site 20 minutes.fr, puis la mise en ligne de la vidéo du JT sur Wat, la plate-forme de partage de vidéo de TF1.
Mine de rien, tout ça change tout de même en profondeur mon rapport à l’information d’actualité : je ne cours plus après, et je n’attends pas non plus pour l’obtenir. Elle vient à moi. L’information factuelle (la vidéo) et sa synthèse (20mn.fr) me parviennent en même temps, et même un peu après les commentaires qu’elle suscite dans mon propre réseau social. La conversation « autour de la machine à café » a commencé avant même que l’entretien ne soit terminé.
Source - Par Narvic, l’un des meilleurs connaisseurs de l’Internet des médias traditionnels. Site d’info et de réflexion sur le devenir de l’info sur le Web. Ce blog est moins alimenté désormais. Mais Narvic y retourne de temps en temps. Il est surtout présent sur narvic.fr… [narvic est collaborateur de Vendredi.info]
Sites d’info en ligne, les indépendants s’unissent

Crédits image: curiouslee (CC)
Dans son blog “making of”, le site Rue 89 nous informe de la naissance du Syndicat de la presse indépendante d’info en ligne (SPIIL). Les membres fondateur de ce syndicat professionnel sont @rrêt sur images, Bakchich, Indigo Publications, Mediapart, Rue89, Slate et Terra Eco.
Selon ses statuts, il a pour objet « de procéder à l’étude, à la représentation et à la défense des intérêts professionnels, économiques, déontologiques, matériels et moraux des services de presse en ligne indépendants, généralistes ou spécialisés ». De plus, il s’engage à défendre « l’indépendance des rédactions » et « l’intégrité de l’information », ses adhérents se référant aux principes de la Charte européenne dite de Munich (1971) sur les droits et devoirs des journalistes.
Source - Le pionnier des sites d’information français, créé voici deux ans, affiche aujourd’hui pas loin de 2 millions de visiteurs uniques mensuels. Rue89 est l’un des plus gros sites d’information « pure players » (non liés à un groupe de presse).





