Coup de froid sur les médias “alternatifs”
“Que lirez-vous quand les médias alternatifs auront disparu ?” se demande, Slovar, blogueur de gauche, qui s’inquiète après les annonces de dépôt de bilan de Bakchich et celle des dirigeants d’Agoravox sur leurs difficultés.
Echec du modèle ? Certainement pas puisque les internautes en redemandent, mais peinent à comprendre comment on peut arriver à leur fournir des contenus de plus en plus crédibles sans jamais débourser un centime. Les expériences Mediapart ou Vendredi montrent que faire participer financièrement les lecteurs est très difficile, et que ceux-ci confrontés à une offre payante, même modique préfèrent se tourner vers d’autres sources gratuites. Mais quel salarié, lecteur quotidien de ces media, accepterait de donner le meilleur de lui même … gratuitement, tout en attendant que son entreprise reçoivent quelques subsides à partager ? Comment faire pour que ces media ne disparaissent pas ?
Source : Slovar, un blogueur de gauche qui aime aller fouiller dans les documents officiels publiés sur le net. Souvent publié sur Marianne2 et Agoravox.
“Demain, Vendredi sera fait avec Internet”
Autopromo - épisode 2.
C’est le blogueur qui pose les questions, et c’est Jacques Rosselin, directeur de Vendredi qui répond. Extrait :
Malakine : La presse cherche actuellement son modèle économique. On voit Backchich passer au papier. Mediapart y songe également. Vendredi hésite semble t-il entre les deux modèles. La publication papier est-elle la condition nécessaire à l’équilibre économique de tout organe de presse ou peut-on imaginer à terme l’émergence d’une presse internet payante par abonnement ?
Jacques Rosselin : Nous n’hésitons pas une seconde ! L’info sur le net seule n’a pas de modèle économique. Et avons été les premiers à pratiquer le “reverse publishing”, qu’on peut traduire par rétro-édition (!). Le papier reste un mode important de consommation de l’écrit. Il il le restera encore longtemps. Mais il est certain que Vendredi doit rattraper son retard sur le net. C’est tout le sens de notre nouvelle formule qui sera réalisée directement à partir de notre site net. Notre idée est qu’une sélection continue d’articles se fait aujourd’hui naturellement sur les réseaux sociaux grâce à des centaines de “propulseurs” (une expression que j’emprunte à Thierry Crouzet). Ces propulseurs sont des blogueurs et lecteurs qui sélectionnent à longueur de journée et “propulsent” leur sélection de liens et d’infos sur le net, à travers des réseaux comme Facebook, ou surtout Twitter. Il faut que l’équipe de journaliste de Vendredi branche son site en direct sur ces réseaux et travaillent avec les bons propulseurs. De cette façon, notre site va élargir et améliorer sa collecte de l’info et deviendra le véritable moteur éditorial du journal. Nous sommes convaincus que les journaux vont fonctionner de plus en plus selon ce système. Ils se sont fait jusqu’à récemment contre Internet. Nous avons créé le premier journal réalisé à partir d’Internet. Demain, Vendredi sera fait avec Internet. Selon moi, la presse papier nationale et régionale va connaître une évolution comparable.
Source - Blog de Malakine, intellectuel intéressé par l’esprit public. Passionné par les thèses d’Emmanuel Todd, il a été autrefois engagé chez Chevènement, qui a mené des campagnes électorales dans l’Est de la France, ne se contente pas de critiquer.
Vendredi Hebo : “fonctionner avec les blogueurs”
Autopromo - épisode 1.
C’est le blogueur qui pose les questions, et c’est Jacques Rosselin, directeur de Vendredi qui répond. Extrait :
Vogelsong : C’est quoi “fonctionner avec les blogueurs” ?
Jacques Rosselin : L’interaction entre Vendredi Hebdo et les blogueurs doit évoluer. Si on veut vraiment construire quelque chose d’original, il faudra peut-être créer un groupe de blogueurs “intermédiaires” entre la rédaction et le reste de la blogosphère. Des “propulseurs” comme dit (Thierry) Crouzet sur son blog. De manière à travailler de manière plus intriquée. Si on demande à une quinzaine de blogueurs de réfléchir avec nous sur l’actualité, on va enrichir, du simple fait des angles, sujets et préoccupations tous différents. De là peut venir un vrai ton nouveau. C’est aussi l’écueil de la saison 01, on avait des journalistes vieux comme moi (sourire), qui imprimaient leurs propres obsessions et allaient chercher ce qui les passionnait. Cela ne fait pas un nouveau journal, cela fait une gentille revue du web faite par des vieux journalistes qui s’intéressent à des sources nouvelles d’informations…
Et on va étoffer l’équipe. Guy Birenbaum va intervenir dans la nouvelle formule. On a confié une nouvelle version du site à Nicolas Voisin de 22 mars (Owni, aaaliens). Puis nous avons fait appel aux spécialistes de l’agrégation et de l’agencement d’information du web, tels que Narvic, Thierry et Isabelle Crouzet. Grâce à eux le site devrait être très novateur. Côté rédac, Jean-Marc Manach est toujours là. Le camarade Labarde aussi, bien que jean-Luc Hess lui ait proposé une mission à Radio France. C’est un vieux compagnon de route. je l’ai rencontré quand je dirigeai Courrier, c’est dire !
Propos recueillis avec l’aide précieuse d’Eric Mainville.
Source - Piratages, animé par Vogelsong, se dit «collectif sans ambition politique », ou presque. En fait, c’est l’une des plus brillantes pépites de la blogosphère anti-sarkozyste.
Julien Dray entre distance et hargne

Crédits image: Vendredi Hebdo
“Ils considèrent que je suis un bâtard, je ne suis pas un enfant naturel de ce parti“, amer et lucide sur ses “amis” du PS, J. Dray dépeint une année politique personnelle et collective cauchemardesque. Pendant près de deux heures, il joue, semble-t-il, ouvertement le jeu avec des blogueurs et des Chroniqueurs invités dans les locaux de Vendredi Hebdo. Vieux guerrier de la politique française, il distille avec un étrange mélange de distance et de hargne son analyse de l’état de la gauche française… J. Dray décrit les dignitaires du PS, aujourd’hui aux manettes, comme “les enfants gâtés du Mitterrandisme“, M. Aubry, S. Royal, L. Fabius “n’ont aucune connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier”. Une génération qui a tout eu, éloignée des réalités quotidiennes. Il se considère comme un trublion qui les ennuie depuis des décennies…


